Pollens et jardins : 5 conseils pour concevoir des espaces verts moins allergisants

10 aoû 2017

Rhinite, conjonctivite, asthme… Quand la saison des allergies débute, généralement de février à septembre, on assiste à un vrai festival d’éternuements. Pour soulager les concertistes involontaires, certaines solutions existent qui limitent le plus possible la concentration d'agents allergisants présents dans tout espace vert.

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Pourquoi concevoir un espace vert moins allergisant ?

Aujourd’hui, 20 à 25 % de la population française souffre d’allergies respiratoires dues aux pollens, ce que l’on appelle des allergies polliniques (1). Autrement dit, 20 % de la population française prend moins de plaisir à flâner dans les jardins publics. Si arbres et plantes nous rendent de nombreux services et améliorent notre quotidien, notamment pour lutter contre la canicule et assainir l'air, il est vrai qu’ils comportent quelques désagréments pour une partie de la population. La pollution de l’air, particulièrement les particules fines, augmente de surcroit la concentration d'agents allergisants présents dans tout espace vert. Les concepteurs d’espaces verts et les entreprises du paysage peuvent, à leur échelle, soulager les personnes allergiques grâce à quelques modifications de leurs aménagements paysagers pratiques. Pour concevoir des espaces verts adaptés, l’AFPRAL, Association Française pour la Prévention des Allergies, parle de « créer une plus grande diversité végétale dans les jardins et les espaces cultivés qui soit plus en accord avec les contraintes de l’allergie ». La solution principale est d’opter pour des espèces moins allergisantes.

5 conseils à suivre pour concevoir un espace vert moins allergisant

1/ Diminuer la présence de plantes hautement allergisantes

Bien sûr, le premier conseil est de réduire la présence des plantes les plus allergisantes telles que les anémophiles, dont les pollens sont dispersés par les vents (et sont redoutables pour les bronches). Laissez donc de côté les grandes concentrations de platanes, cyprès, saules, mimosas, oliviers… La diversité des espaces verts offre aussi de nombreux avantages pour la biodiversité. Une autre astuce consistera à mettre les éventuelles essences allergènes dans des endroits non soumis au vent et/ou non fréquentés par les usagers.

2/ Privilégier les plantes entomophiles

Il est important de privilégier les plantes entomophiles dont le pollen est transporté par les insectes : les arbres fruitiers, les labiées (sauge, menthe, lavande…) ou les légumineuses. Les communautés de pollinisateurs, dont leur rôle indispensable dans le développement des végétaux est menacé par la chute inquiétante de leurs populations, s’en porteront d’autant mieux.

3/ Utiliser des plantes aromatiques ou potagères

Le développement d’espaces de culture, comme des potagers, comporte peu de risques pour les personnes allergiques. Les plantes aromatiques – telles que le basilic, la menthe ou la sauge –, les plantes potagères, mais aussi des arbres fruitiers, ne sont pas ou peu allergisants.

4/ Ne pas hésiter à sortir des sentiers battus

La création de certains espaces verts originaux, qui viendront diversifier les espaces de nature, peut également augmenter la proportion de plantes peu allergisantes. Les fougères ou les mousses, dans les milieux qui peuvent les recevoir, sont de bons exemples. Les topiaires, pour une décoration à la française, présentent également peu de risques. Enfin, des végétaux de bassins comme les nénuphars ou les lotus produisent du pollen qui est transporté par l’eau, bien loin des poumons !

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5/ Aborder le jardin différemment

Certains types de jardins spécifiques sont également moins riches en allergènes, par une utilisation moindre des végétaux. Les jardins zens sont composés principalement d’éléments minéraux (sables, roches, eau…), et les jardins méditerranéens agencent savamment rocailles et plantes grasses inoffensives pour les sinus ! Lorsque l’usager le désire et que le milieu s’y prête, ces aménagements paysagers revêtent une valeur certaine pour les personnes sensibles.

 

Par un simple choix de plantes adapté et diversifié lors de la conception d'un espace vert, c’est 20 % à 25 % de la population française qui vous en remerciera chaque année ! Il ne faut cependant pas oublier que certaines plantes allergisantes jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité : tout est une question d'équilibre. Charge aux responsables d'espaces verts de décider de la limite à ne pas franchir !


(1) AFPRAL, Allergies de Printemps, vive les jardins hypoallergéniques

Crédit photo : Pexels / Nita

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